Le cloud, c'est quoi concrètement
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Le mot "cloud" donne l'image d'un nuage flottant quelque part, immatériel. La réalité est beaucoup plus concrète, et beaucoup plus terre à terre.
Ce que le cloud est réellement
Le cloud, c'est simplement un ordinateur, ou plus souvent des milliers d'ordinateurs, installés dans un bâtiment appelé centre de données (data center), auquel on accède à distance par internet. Quand une photo est enregistrée "dans le cloud", elle n'est pas dans les airs : elle est physiquement stockée sur un disque dur, dans un bâtiment précis, quelque part dans le monde, appartenant à une entreprise comme Google, Amazon ou Microsoft.
L'intérêt, c'est de ne pas avoir besoin de savoir où se trouve exactement ce bâtiment, ni de s'en occuper soi-même : l'entreprise gère la maintenance, la sécurité physique et la disponibilité à la place de l'utilisateur, en échange d'un abonnement ou d'un usage gratuit limité.
Les trois niveaux de service, sans même le savoir
Tout le monde n'utilise pas le cloud de la même façon, même si le mot reste le même. Trois niveaux existent, du plus technique au plus simple.
L'IaaS (infrastructure en tant que service) loue une machine virtuelle brute, un ordinateur distant vide sur lequel une entreprise installe elle-même son système et ses logiciels, comme si elle achetait un serveur physique sans avoir à le brancher elle-même. Le PaaS (plateforme en tant que service) va plus loin : le fournisseur gère aussi le système et les outils de base, l'entreprise n'a plus qu'à déposer son propre programme par-dessus. Le SaaS (logiciel en tant que service) est le niveau que tout le monde connaît sans le nommer : une messagerie comme Gmail, un outil de stockage comme un espace cloud personnel, une application déjà entièrement prête à l'emploi, où l'utilisateur n'a jamais à se soucier de ce qui tourne en dessous.
Pourquoi c'est souvent plus fiable qu'un disque dur chez soi
Un disque dur personnel qui tombe en panne, c'est généralement tout son contenu perdu d'un coup. Les grands services cloud fonctionnent différemment : une même donnée est presque toujours dupliquée automatiquement sur plusieurs disques, parfois même sur plusieurs bâtiments différents, de sorte que la panne d'une seule machine ne fait jamais disparaître quoi que ce soit. C'est ce mécanisme de réplication, pas une quelconque magie, qui explique pourquoi perdre des données stockées chez un grand fournisseur cloud reste un événement rarissime comparé à la casse d'un disque dur personnel.
Qui peut techniquement voir tes données
Stocker une donnée dans le cloud, c'est confier sa garde à une entreprise tierce, et la question de qui peut techniquement y accéder mérite d'être posée clairement. La plupart des grands fournisseurs chiffrent les données stockées (chiffrement dit "au repos"), mais possèdent aussi la clé de déchiffrement de leur côté pour pouvoir faire fonctionner leurs propres services (recherche dans les fichiers, aperçus, sauvegardes). Cela signifie qu'un accès non autorisé aux systèmes internes du fournisseur, ou une réquisition judiciaire, pourrait en théorie donner accès au contenu réel.
Une minorité de services proposent un chiffrement de bout en bout, où la clé n'existe que sur l'appareil de l'utilisateur, le même principe déjà vu pour un bon gestionnaire de mots de passe (voir l'article dédié) : dans ce cas précis, même le fournisseur ne peut techniquement pas lire le contenu. C'est une différence importante à connaître avant de choisir où stocker une donnée réellement sensible.
Pourquoi la localisation des serveurs compte
Un centre de données a beau être virtuel dans l'usage, il reste physiquement situé dans un pays précis, soumis aux lois de ce pays sur l'accès aux données et leur protection. C'est pour cette raison que les grands fournisseurs proposent souvent plusieurs régions au choix : une donnée stockée sur un serveur plus proche géographiquement se charge aussi plus vite, la distance physique ayant un effet réel, bien que faible, sur le temps de réponse.
Ce que ça change concrètement au quotidien
- Les données deviennent accessibles depuis n'importe quel appareil connecté à internet, pas seulement depuis celui où elles ont été créées
- Une panne ou une casse de l'appareil personnel ne fait pas disparaître les données, puisqu'une copie existe ailleurs
- Les entreprises n'ont plus besoin d'acheter et d'entretenir leurs propres serveurs physiques pour faire tourner un site : elles louent de la puissance de calcul à la demande, et ne paient que ce qu'elles utilisent réellement, un changement économique aussi important que le changement technique
Retenir simplement ceci : le cloud, ce sont des ordinateurs appartenant à quelqu'un d'autre, quelque part, auxquels on accède par internet. Rien de plus mystérieux que ça derrière le mot, mais assez de nuances derrière la façade pour savoir à qui, et à quel niveau, on confie réellement ses données.